" La joie est un escargot rampant. Le malheur un coursier sauvage. "

Que la pluie jaillisse !

Musique d'accompagnement ; The Hush Sound - You Are The Moon

Une matinée qui s'était bien passée, ça faisait longtemps.
Pour une fois, pas de retard, pour une fois, une rentrée à l'heure.
Ses cheveux dorés bouclés encadraient son visage pâle,
ses yeux noirs lui donnaient une expression pathétique,
elle ressemblait à une poupée de porcelaine. Parfaite, délicate.
Elle était si jolie. Elle se sentait si bien. L'odeur éc½urante de la pollution
n'atteignait plus ses poumons, elle ressentait le vent pourtant si léger sur ses joues.
Les couleurs paraissaient plus vives ; tout était plus beau ...

Elle était habillée en noir ; elle aimait cette couleur qu'elle trouvait apaisante, douce.
Son long manteau sombre la rendait plus féminine. Au lycée,
elle avait eu l'impression de tout redécouvrir. Elle regardait à nouveau les gens,
leurs façons de faire, leurs visages. Sa tête était levée,
ses yeux avaient quittés le sol. Et c'était réciproque ; les autres, eux aussi la regardaient.
Elle avait déjà envie de commencer l'année avec sa nouvelle classe.

Son emploi du temps était chargé mais peu importe. Plusieurs sourires s'étaient croisés,
elle avait aussi repris goût au contact ; elle s'était vivement lancée dans une discussion
où tout le monde parlait de ses avis et l'écoutait aussi avec grande attention,
intéressé par chacun de ses mots. Elle riait. Ils riaient !

Le repas à la cantine se passa dans la même bonne humeur.
Elle n'avait pas cours l'après-midi, alors, après avoir échangé encore quelques paroles
et s'être dit " à demain " elle quitta son nouvel établissement, encore le sourire aux lèvres.

En rentrant, elle passa devant l'église, alors ses pensées se mélangèrent.
Elle s'était dit qu'elle irait comprendre et c'est ce qu'elle allait faire.

# Posté le samedi 01 novembre 2008 17:24

Modifié le dimanche 22 février 2009 17:12

" La route des enfers est facile à suivre ; on y va les yeux fermés. " Gare aux obstacles.

Musique d'accompagnement ; Jem - 24

" Elle s'était dit qu'elle irait comprendre et c'est ce qu'elle allait faire. "


Son instinct la poussa à entrer dans ce bâtiment lugubre. Elle s'exécuta.
Poussant la grande et lourde porte de bois, elle découvrit, surprise, plusieurs bougies allumées.
Il y faisait incroyablement froid, elle n'osait pas avancer mais ses pas en décidèrent autrement ..
Alors elle entra, silencieuse, sans faire aucun bruit ; On pouvait presque entendre le crépitement du feu qui brûlait les mèches des bougies, lentement .. Son souffle était coupé, elle se sentait comme une espionne qui entre par effraction, qui joue avec sa vie, qui doit être prudente et sur ses gardes à chaque instants.

* TCHAAAK *

Elle faillit tomber en se retournant, l'entrée venait de se refermer, son coeur était aussi battant que le bruit des percussions rapides et bruyantes sur un tambour. Avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit, plongée dans la pénombre, elle entendit une voix :

- J'étais sûr que tu allais venir.

Un homme sortit de derrière des colonnes de pierres et se retrouva face à elle,
quelques mètres plus loin, situé en plein milieu de la croisée de transept.

Elle hésita à répondre, ses yeux s'illuminèrent quand elle croisa ceux du jeune homme ..
Tout en avançant doucement et le fixant, elle demanda :

- C'est toi, le garçon du jardin ? Lu ...

Il l'a coupa.

- Appelle-moi comme tu le désires, ce n'est pas t'as préoccupation principale non ?

Il croisa les bras, et la regardait avec un léger sourire narquois.
On aurait dit qu'il prenait du plaisir à se sentir comme supérieur et
maître des réponses que Marilyn se posait. Il savait ce qu'elle voulait.
Lui aussi, était passé par là. Lui aussi, avait subit cette torture.

- Explique moi.

Il continua de sa même voix pure qui la faisait frissonner, avec un léger soupçon de satisfaction :

- Si je devais tout te dire, on y passerait des heures, tu découvriras seule,
comme on l'a tous fait, mais si il y a une chose dont tu dois être consciente ...


Elle le coupa, d'une façon involontaire ; elle était ailleurs.
Notre jeune femme examinait tout les recoins de l'église,
impressionnée par l'ambiance mystérieuse et effrayante,
mais pourtant sereine qu'il y régnait :

- " On " ?

Il l'ignora :

- Tu es un vampire.

Elle ria, amusée de cette phrase absurde parmi ses paroles précédentes sérieuses.
Elle n'eut pas de réponse et baissa enfin son regard curieux sur l'homme tout à fait sérieux.

- Tu n'as donc pas encore enduré les symptômes ?
Sans attendre de réponse, il la regarda, de la façon qu'un père regarde fièrement sa fille ; souriant.
- Tu es bien une doriane, un sang-pur .. As-tu remarquée cette trace sur ton coup ?
Sa voix devint presque passionnée :
Le monde ne te parait-il pas remplit de couleurs ?
Les odeurs te t'agressent plus ..
Il commença à s'approcher ;
Regarde tes cheveux, ton teint. Ecoute le battement de ton c½ur ...
N'est-il plus vivant, rapide et répétitif que celui d'un simple mortel ?


- Les vampires n'existent pas. Tu es fou.

Même si elle n'y croyait pas, elle avait peur, il avait raison sur tous ces points ...
Elle fit quelques pas en arrière, elle voulait sortir de cet endroit maudit. Et au plus vite.
Il vit sa réaction et la prit rapidement par le poignet. Il l'a tira brutalement vers un endroit de l'église plus en retrait. Elle grimaça, il la tenait fort et aimait la tirer à lui par de petits coups de plus en plus brusques. Ils arrivèrent enfin devant un grand miroir poussiéreux, avec un cadre ancien,
fixé sur un mur. Il l'a contourna, tel un chacal près à bondir sur son gibier innocent.
Marilyn regarda son reflet, perturbée. Pourquoi disait-il ça, il avait un grave problème.
Mais comment pouvait-il savoir ... Comment savoir la vérité. Et si elle était ... Non, ça n'est pas rationnel.

- Je ne suis pas un vampire.

- Tu vas rapidement devoir t'en convaincre ...

Elle continua, haussant le ton, comme pour se dissuader elle même.


- Je ne suis pas un vampire !

- Pourquoi as-tu peur ?

Tout commençait à être confus. Elle était alors un vampire. Elle était un vampire ?! Impossible !
Elle se mit à hurler, ça ne pouvait pas être vrai, elle, Marilyn, était une adolescente totalement banale, avec une vie normale et elle n'en demandait pas plus. Elle venait de passer une journée agréable et rien ni personne ne pouvait gâcher son bonheur, c'est ce qu'elle croyait.


- JE NE SUIS PAS UN VAMPIRE TU ENTENDS ?!

Il approcha son visage du sien, son sourire devint grimace pour laisser place à un visage contrarié.
Il se redressa, calme, passa sa main dans ses cheveux sombres et fins pour finir par la [ ... ]


.

# Posté le lundi 03 novembre 2008 07:39

Modifié le dimanche 22 février 2009 16:19

" Le désespoir est le suicide du c½ur. " ou son meurtre ..

Musique d'accompagnement ; Linkin Park - Somewhere I belong

" .. Passa sa main dans ses cheveux sombres et fins pour finir par la .. "

Pour finir par la frapper de toute sa force au visage. Elle hurla de douleur et faillit tomber.
Elle se redressa enfin, après quelques secondes qui paraissaient durer une éternité,
étourdie, la main cachant le bas de son visage ; on pouvait juste apercevoir ses yeux meurtris,
remplis de larmes qui s'écoulaient. Le silence s'installa,
c'était surement la réponse la plus sage qu'elle pouvait répliquer.
Elle le regarda, il souriait, cette fierté lui donnait envie de vomir, comment avait il pu ?!
Elle dégagea sa main de son visage, salit par le sang ; ses lèvres étaient ouvertes,
son nez n'arrêtait pas de saigner. Son regard devint incroyablement haineux et sans pouvoir y réfléchir,
elle se jeta dessus :


- COMMENT AS-TU OSE ORDURE ?!

Elle lui envoya des coups de points dans le ventre, elle ne se contrôlait plus,
elle était éc½urée, il fallait qu'elle vide son sac, elle ne comprenait plus rien, elle aurait aimé rêver, elle ne voulait pas de cette vie. L'homme gémit à un coup de point bien envoyé mais
il ne devait pas se montrer plus faible. Elle commençait en plus à l'énerver ;
pourquoi ne pouvait-elle pas se mettre à pleurer, tout simplement, comme les autres
au lieu de déverser sa haine sur lui. Il lui attrapa les poignets et lui hurla au visage.

- Idiote ! Regardes-toi donc dans le miroir ! Il l'a poussa brutalement.

Elle allait se rejeter sur lui, comme un animal enragé
et révolté par la souffrance qu'on lui a fait enduré. Sauf que son reflet la figea sur place ;
son nez retrouvait peu à peu son aspect normal, le sang disparaissait à vu d'½il,
laissant place à sa peau pure. Ses lèvres avaient désenflées et redevenaient exsangues.
L'homme s'approcha d'elle et posa ses mains sur ses épaules pour lui murmurer à l'oreille :

- Tu ne me crois toujours pas ?

Quelques larmes dévalèrent sur son visage choqué et ébranlé en tant que réponse.

- Tu es parfaite Marylin, ne pleures pas. Tu étais une mortelle impuissante,
faible et remplie de défauts.Maintenant tu es une créature parfaite et invincible.
Tu es redoutée par tous. Tu peux mener le monde comme tu le veux.
Tu n'es plus le cheval qui tire les bourgeois dans leur calèche,
tu es celle qui détiens les reines.


Elle sanglota. Puis se mordit les lèvres pour ne pas pleurer de toute son âme.
Mais les larmes continuaient leur chemin, encore et encore,
pour arriver sur le sol ancien de marbre devenu gris.

Il se mit en face d'elle et se baissa au niveau de sa taille.
Qu'est-ce qui lui prenait d'être si doux et attentionné ?
Lui même ne comprenait pas. Il la regarda,
posa une de ses grands mains glaciales sur la joue et d'une caresse,
lui essuya ses larmes.

- On t'aidera, mon frère et moi, ne t'inquiète pas.
Tu es maintenant tout ce qui nous reste. Tu es notre création.


Elle le regarda, elle ne comprenait plus les mots qu'il disait,
elle était bien trop occupée à se dissuader de s'écrouler par terre.
Tout ses rêves se détruisaient dans sa tête, uns par uns,
toutes ses ambitions pour lesquelles elle avait recueillit tant de motivation.
Tout se dévastait petit à petit. Qu'est ce qu'elle allait devenir.
Comment allait réagir son entourage ..
Comment devait elle leur dire ça. Comment était-ce possible.
On la prendrait pou une folle et on l'enfermerait.
Son destin se finirait en un chaos de souffrance interminables.
Elle ne ferait rien de sa vie. Elle serait vampire, piégée par l'immortalité.

- Juste une chose ..

Elle le regarda pour qu'il continue.

- Il ne faut pas que les mortels sachent.
Soit ils te prendraient comme folle et paranoïaque,
soit ils t'exploiteraient pour des expériences.
Quand tu découvriras notre monde tu te rendras compte de la chance que tu as.
Maintenant, c'est encore un peu tôt de parler de ça. Rentres chez toi.
Et si tu as besoin de moi, je te trouverais avant que tu n'es le besoin de me chercher.


Il prit sa main délicate, la fixa, puis la relâcha avant de partir,
laissant notre gamine seule et désemparée.





Fin du Chapitre 1. Commentaires ?

Merci à CrushCrushCrush01 pour la musique de l'article héhé !
Et aussi merci aux lectrices ( lecteurs ? ) qui m'encouragent beaucoup en m'écrivant des commentaires (: .

# Posté le dimanche 16 novembre 2008 16:04

Modifié le dimanche 22 février 2009 16:20