" La fascination a ceci d'extraordinaire qu'elle ne s'embarrasse d'aucun interdit. Aucun jugement de valeur. " N'en soyons pas si convaincus.

Musique d'accompagnement ; Hollywood Undead - Circles

Edwin la regarda, souriant. Et fier de leur nouvelle " conquête ". Habituellement,
beaucoup de leurs proies se laissaient envouter au moment où leurs ennemis les volaient.
Par pure vengeance ou simplement pour admirer le mépris sur leurs deux visages identiques et livides.
C'est certainement un point commun que chaque organisme vivant possède ;
un caractère tout à fait conflictuel. Et encore, parle t-on réellement d'organisme vivant dans ce cas ?
Néanmoins, il était ravis de ce rejet.

- Epatante !

Il se mit à la contourner tout en la regardant.
Elle suivait son regard, se retournant quand il était derrière elle.
Il s'arrêta et mit ses grandes mains blanches sur ses hanches larges.

-
Quoi ?!

Il secoua la tête.

- Je ne vois pas ce que tu as de plus que les autres filles et pourtant ...

Elle soupira. Et tourna son regard vers Lucian qui avait les mains dans les poches et avait l'air terriblement en colère ; ses yeux haineux fixaient le sol. Elle l'ignora et avança tout en tournant sur elle même
de quelques pas vers l'avenue éclairée qui s'offrait à eux, respirant à pleins poumons
l'odeur de sapin délicieuse qui baignait dans l'air froid, agressif.

- Et maintenant ?

Edwin remarqua enfin le malaise de son frère et s'approcha de lui, posant son coude sur son épaule :

- C'est quoi ton problème ? C'est bien la seule qui n'y succombe pas.

Il se dégagea et leva les yeux vers Marilyn pour finir par ignorer son regard joueur.

- Peu importe, ça ne fait pas d'elle quelqu'un de différent. On continue ?

Il s'avança suivit d'Edwin. Elle resta figée sur place, quelque peu éc½urée par son comportements et ses changements d'attitude envers elle ; Il la " protège " puis il parle d'elle comme si c'était une moins que rien.
L'ignorer. Oui, elle devait ignorer cela pour ne pas tomber dans la colère. Elle décida de changer de sujet.
Et la première chose qui lui venu à l'esprit étaient des tas de questions qui la torturaient.
Elle avait déjà essayé de s'énerver face à eux pour avoir des réponses, mais ça n'avait pas fonctionné.
Alors elle voulu prendre un autre ton et rester sereine, malgré elle. Elle chuchota :

- J'ai l'impression d'être dans un corps mort.

Elle haussa le ton et commença à s'emballer au fur et à mesure que les questions s'enchainaient.
Comment vivent les vampires ... Pourquoi les blessures disparaissent-elles de suite ?
Comment les tuer ? Si je me coupe les cheveux, repousseront-ils ?
Je vois mieux, j'entends mieux mais les odeurs disparaissent ainsi que le goût des aliments.
Pourquoi et, comment ? Pourquoi votre peau est-elle si glacée et pâle
tandis que la mienne a encore gardé de sa chaleur.


Elle fut surprise de voir que Lucian coupa Edwin qui allait lui rabâcher de se taire.
Sans lui lancer ne serait-ce qu'un regard, certes, mais il lui répondit :

- Où trouves-tu cette curiosité Marilyn ? Il continua :
Chez les vampires la cicatrisation se fait environ 30 fois
plus rapidement que chez les hommes, elle est aussi beaucoup plus efficace.
Les tissus des mortels sont d'autant plus fragiles tandis que
nous, nous sommes plus résistants. Si tu coupes tes cheveux,
ils repousseront. Toujours. Saches qu'après une morsure
et une métamorphose secondaire, ton corps se vide à moitié de son sang
et devient comme mort, plus rien ne se modifie.


Il inspira bruyamment puis eu un temps d'hésitation avant de poursuivre :
Nous n'avons pas encore réussis à expliquer comment,
mais le peu de sang qui nous reste se mélange à une sorte de liquide ou venin mystérieux
qui apparait après la métamorphose et qui nous permet de vivre.
Et lorsque quelque chose disparait ou se casse en toi, ta morphologie réagit.
C'est comme si elle prenait ton corps après ses modifications comme modèle
et qu'elle était obligée de le garder intact. La coagulation sanguine, si on peut appeller ça ainsi,
est incroyablement rapide et les cellules concernées se multiplient alors jusqu'à 150 fois plus rapidement que chez l'homme pour arriver au résultat attendu ; ton corps de vampire.

Et pour finir, il se retourna pour être face à elle :
En résumé, si tes cheveux sont coupés, les cellules vont s'agiter
et se diviser pour reformer les tissus à l'exact de ce qu'ils étaient avant qu'ils ne se cassent.
Néanmoins, il y a des limites tout comme chez les mortels ;
les tissus ne se régénèrent pas jusqu'à reformer des membres.


Elle ralentit le pas, ses dents étaient serrés et ses yeux rougis se remplirent de larmes.
Sa gorge était si nouée après avoir entendu ces paroles qu'elle en souffrait.
Elle avala difficilement sa salive. Elle allait rester ainsi toute sa vie.
Dans ce corps. Ce visage adolescent à présent pâle, ôté de toutes expressions, de toutes émotions.
Plus jamais elle ne grandirait. Elle stagnerait. Aucun changement.
Elle était déchirée par la fascination et l'éc½urement.
Alors elle sourit malgré ses larmes qui commençaient à surgir
dans les coins de ses yeux brillants à la lumière des lampadaires :

- Les vampires sont. Fascinants.


.

# Posté le jeudi 08 janvier 2009 14:20

Modifié le dimanche 22 février 2009 16:28

" Le sommeil est une sorte de protection, si paradoxal que cela puisse paraître. "
Alors l'immortalité est dangereuse.

Musique d'accompagnement ; Carter Burwell - Bella's Lullaby

Lucian-personnal

Mon c½ur se déchire. Je me trouve répugnant. J'ai ôté une vie saine à la plus belle des créatures.
Je la déteste mais pourtant j'aime tout en elle ; son mauvais caractère, ses sautes d'humeurs, son visage innocent qui cache un côté joueur et insouciant ... Et maintenant je ne sais plus quoi lui répondre.
Lui expliquer que nous sommes l'atrocité incarnée, le plus satanique des organismes,
des tueurs qui se doivent d'être cruels pour survivre. Des manipulateurs prêts à tout pour ne serait-ce quelques gouttes de sang frai et délectable ? J'ai mal. Je la hais. Comment fait elle pour me faire ressentir une douleur intérieure. Les vampires sont morts, ils n'ont pas d'émotions. Aucune.

Edwin l'imagine en temps que future chasseuse, un vampire que personne ne pourrait arrêter,
agressif et lâche. Cette chose que je répugnais au plus profond de moi même.
Il la prendrait presque pour une plante rare et précieuse qu'il faut faire grandir pour qu'elle porte ses fruits.

Pour moi, c'est une humaine. Impulsive et fragile. Elle ne connait pas encore notre monde.
Elle ne sait pas ce qu'il l'attend. J'ai envie de la protéger comme on protège un enfant.
Comme on protège son enfant. Le trésor de l'homme, ce pour quoi on serait près à faire n'importe quel sacrifice. Mais à quoi je pensais en la mordant ? Mieux valait y laisser ma peau.
Elle souffre et souffrira et ça à cause de moi. Maintenant je suis obligé de l'avoir dans mes pattes.
Décidément, elle m'atterre. Edwin afficha son célèbre sourire froid et comblé.
Et alors, de sa voix identique à la mienne qui m'accablait, il susurra :

- Il est bon de t'entendre dire ça, Marilyn.

Je m'approchai d'elle, mon souffle devint précipité.

- Ne t'attends pas à grand chose de la part des vampires,
ce sont des tueurs orgueilleux et cruels.

Je me baissais pour voir ses yeux luisants qui m'attiraient.
Je chuchotai, je ne voulais pas qu'Edwin m'entende.
" Mais toi, tu es notre exception. " C'est ce que je pensais.
Mais je ne pu que continuer avec un simple :
Ne te laisses pas manipuler.

Son visage à la fois terne et coloré se baissa. Elle avança vers Edwin, pensive.

- Une métamorphose ?

J'entendais vaguement ce qu'Edwin lui répondait. Je n'avais pas envie d'écouter cette conversation.
Nous continuâmes à avancer sur ce chemin de dalles que j'avais tant de fois traversé.
J'aurais pu m'y retrouver les yeux bandés. Je connaissais chaque recoins de notre village.
Rien ne se modifiait. Ou à peine. Cela ne me déplaisait pas, j'aimais ce décor.
Je me souvenais encore la première fois que j'étais venu ici. Il y a 87 ans, 2 mois et 8 semaines.
J'ai pris l'habitude de compter les jours après ma métamorphose, après
30 longues années d'espérance. J'imaginais pouvoir vivre normalement
mais lorsque tout reste à l'identique, on finit par céder au désespoir,
il nous rend ivre et nous démunit de toute ambition. J'étais très ambitieux, avant.

Nous tournâmes dans la rue Mauna, pour arriver au célèbre Métorage du coin.
Je redoutais ce moment. Nous entrâmes et de nouveau les mêmes regards pesant des villageois.
Je savais exactement ce qu'ils pensaient. La rumeur s'était étendue beaucoup trop vite,
avant même que Marilyn ne puisse se métamorphoser définitivement.
Elle devait se sentir mal à l'aise face à tous ces visages qui l'observaient.
Edwin fonça vers le couloir qui conduisait aux chambres réservées pour les soirées.

Elle le suivit sans questions, j'étais derrière elle. J'aperçus Morgane de profil, assise à une table. Seule.
Ses cheveux coupés courts étaient toujours reconnaissables grâce à leur couleur rousse, aussi vive que le feu,
que les vampires pouvaient apercevoir entre les couleurs devenues ternes et semblables.
Son nez retroussé décoré de taches de rousseurs ne pouvait pas tromper non plus.
Elle ne me vit pas. Tant mieux.

J'entendis Edwin ouvrir une porte. Nous entrâmes.
L'odeur me fit tressaillir de plaisir. Je sentais ce gout délicieux comme si il était dans ma bouche.
Doux et sucré. Marilyn s'alarma à peine avait elle mit un pied dans la pièce sans même s'approcher du corps qui gisait sur un fauteuil de velours. Quelque chose de particulièrement appétissant pour un vampire.
Un repas gouteux. Elle voulu faire demi tour mais Edwin avait refermé la porte derrière elle et lui bloquait le passage. Sa voix devint tremblante et se mêla à un sanglot :


- LAISSE MOI SORTIR !

# Posté le vendredi 16 janvier 2009 08:49

Modifié le dimanche 22 février 2009 16:29

( Je déconseille cet article aux personnes très sensibles dotées d'une grande imagination. )

" La mort ne révèle point les secrets de la vie. "Sauf quand elle est passagère.

Musique d'accompagnement ; IWTV - Claudia's Allegro Agitato

Elle commença à frapper Edwin, les yeux clos, par coups sur son torse imposant.
Il était hors de question pour elle de devenir cette créature d'horreur qui vidait les humains de leur sang.
Elle s'était promis de ne jamais faire une telle chose. Elle n'était pas comme tous les autres vampires,
elle voulait croire en son âme propre et angélique. Elle le griffait mais les traces disparaissaient aussitôt.
Il la regardait, impuissant. Elle devait boire du sang pour finir sa métamorphose de vampire.
Il lui prit les poignets pour la calmer. Il n'avait plus la force de crier alors il soupira :

- Marilyn, il le faut.

Elle se mit à hurler. Contrôler ses pulsions était une véritable souffrance.
Sa conscience lui hurlait de fuir tandis que son corps criait famine et acharnement.
Cette odeur. Ce corps étendu. Du sang. Elle devait boire du sang, et il y avait du sang.


- Je ne veux pas boire de ce sang tu comprends ?!
JE NE VEUX PAS VIDER QUELQU'UN DE SON SANG !
Elle se mit à pleurer. JE VEUX SORTIR D'ICI !

Elle se tourna vers Lucian, exaspérée et le supplia.

- LUCIAN ! DIS LUI !

Il baissa la tête. L'entendre et la voir hurler de la sorte lui donnaient la nausée.
et lui rappelaient les atrocités qu'il avait enduré lors de ses débuts en tant que vampires.
Son visage apeuré et remplis de larmes était insupportable. Elle aboyait comme un animal
auquel ont arrachait les membres, uns par uns.

Tous ont cru pouvoir se passer de sang,
rester humain en quelques sortes. Mais en réalité, tout cela n'étais que foutaise ;
ils finissaient tous par en avaler, d'une manière ou d'une autre.
Pour les dorianes, c'était obligatoire. La finition de leur morphologie de vampire se faisait
après qu'ils aient bu du sang pour la première fois. Normal, venant d'un assassin de race pure.

Il sentit qu'il commençait à perdre son sang-froid. C'était trop.
Que pouvait-il faire ? Il fallait cette métamorphose. C'était l'élue,
jamais elle n'aurait pu rester à ce stade. Alors il essaya de faire comme si
il n'entendais pas ses plaintes stridentes et profondes.

Edwin l'empoigna brutalement par ses cheveux d'or. Elle s'époumona de plus belle.
Il se demandait comment il arrivait à être aussi cruel. Il la tirait tandis qu'elle se débattait
l'approchant de la femme étalée sur le fauteuil, telle une poupée fixe pour finir par la jeter dessus.
Elle se retrouva nez à nez contre son visage endormit, aussi blafard que son corset serré
qui mettait en valeur sa grosse poitrine.

Elle avait de longs cheveux bruns attachés en coque.
Jeune, belle et attirante. Tout pour plaire. Admirant son visage qui était étrangement serein,
elle remarqua un grain de beauté situé au dessus de sa lèvre qui rendait sa victime impuissante,
encore plus belle. Elle était ce qu'elle ne serait jamais ; une femme.

Son regard se termina sur son coup encore chaud.
Marilyn ravala ses sanglots et son c½ur se mit à battre incroyablement vite. Du sang.
La chair de la femme était accueillante, encore intacte. Comment refuser ?
Elle posa d'abord son index sur cette peau tendre avant d'y planter violemment ses crocs tranchants.
Edwin souriait, Lucian avait le dos tourné et refusait de jeter un ½il à cette scène qu'il haïssait.
Lorsque le sang entra en contact avec ses lèvres, elle ferma les yeux.

Le liquide était réconfortant, sucré. Il agissait comme un remède apaisant.
Elle en voulait plus. Il entrait dans sa gorge, aussi chaud que la braise mais elle n'y porta aucun intérêt ;
le sang était trop attirant. Elle ne s'arrêta pas et continuait à en avaler sans modération.
Comme si elle avait eu ce manque durant des années entières.
Ses pulsions se calmèrent mais elle continua à boire, de plus en plus lentement.

Elle se rendit alors compte de sa douleur lorsque son adrénaline commença à se dissiper
pour détacher enfin, ses lèvres de sa victime salie par une grosse tache rouge sur son buste.
Elle était à genoux, puis se mit à toussoter. Elle paniqua lorsque ses poumons se déchirèrent,
haletant sans pouvoir avaler d'air. Elle toussa de plus belle, sans s'arrêter.
Son c½ur était serré, sa tête allait exploser. Elle essayait de se contrôler mais c'était impossible ;
une remontée acide et brulante dévalait dans sa gorge irritée.

N'arrivant plus à tenir assise, elle se mit à quatre pattes et cracha du sang sur le sol de bois foncé et astiqué.
Puis il se mit aussi à déferler le long de son nez fin, se mêlant à celui qu'elle vomissait.
Marilyn avait mal à chacune de ses articulations. Elle s'étala par terre tandis qu'elle continuait
à se vider lentement du reste de son humanité. Elle sentait que tout se brisait en elle,
ayant l'impression de rendre ses propres entrailles.

Lucian sortit de cette pièce maudite, se dirigea vers les cabinets et vomit.
Il se remémorait sa métamorphose, sa souffrance. Lorsque tout s'était détruit en lui.
Il ne pouvait plus entendre ces gémissements et régurgitassions.
Et encore moins la voir gisant dans son propre sang. Une flaque rouge s'était dessinée autour d'elle,
prenant peu à peu de l'avance pour finir aux pieds d'Edwin qui ne bougeait pas.
Sans aucune expression sur son visage fin qui aurait pu décrire ses émotions.
Marilyn devint aussi blanche que la neige et arrêta finalement de tousser.

Elle fixait le plafond, ses yeux ne clignaient plus. La scène était d'une atrocité choquante ;
son corps livide était contrasté par la marre de sang qui s'était formée autour d'elle
sa bouche légèrement ouverte, colorée d'un rouge vif et brutal.


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# Posté le samedi 24 janvier 2009 13:40

Modifié le dimanche 22 février 2009 16:30